
Fontan Berghe Inferieur Vincent Jacques Drone De Regard
Le châtaignier, “l’arbre à pain” de la haute vallée de la Roya,
On le trouvait partout sur les pentes de l’arrière-pays, et notamment autour de Tende et de Saint-Dalmas-de-Tende. Pendant des siècles, le châtaignier a nourri les familles de la haute vallée de la Roya. Chacune, ou presque, cultivait sa châtaigneraie, qui lui offrait de précieux fruits dans une montagne où l’autosuffisance était indispensable. On consomme alors la châtaigne bouillie, grillée… et on en fait même de la farine pour le pain ou la soupe. On peut aussi la faire sécher et la consommer “blanche” tout au long de l’année.
La châtaigne est donc un fruit qui “nourrit son homme”, si importante dans la haute vallée de la Roya qu’elle en était le premier bassin de production des Alpes-Maritimes au début du XXᵉ siècle. Mais après la Seconde Guerre mondiale, l’exode vers le littoral pousse les jeunes à abandonner les exploitations familiales. Les arbres restent, mais ne sont plus entretenus.
L’anecdote fruitée : marron vs châtaigne
Il y a de quoi confondre ces deux fruits qui naissent dans des bogues hérissées de piques.
🇮🇳 Le marron est issu du marronnier d’Inde, un arbre aux larges feuilles en forme d’étoiles. On le trouve dans une bogue à la peau épaisse et décorée de courts piquants espacés. Elle ne contient en général qu’un seul fruit rond, toxique qui plus est !
🌰 La châtaigne est issue du châtaignier, dont les feuilles sont dentelées et de forme allongée. Sa bogue présente des piquants fins et très serrés, et contient généralement deux à trois fruits. C’est bien celui-ci qui est comestible.
Et la “crème de marrons” dans tout ça ? Dans le commerce, un “marron” désigne avant tout une châtaigne bien calibrée, jamais le fruit issu du marronnier d’Inde. C’est par abus de langage qu’on parle donc de “crème de marrons” ou de “marrons glacés” !










